La pension légale suffit rarement à elle seule. Une pension complémentaire vous permet d’accroître votre liberté financière pour plus tard tout en limitant aujourd’hui la pression sur votre budget mensuel. Ce guide présente les différents piliers, l’ordre à privilégier selon votre profil et les principales règles fiscales applicables en 2025.
Les quatre piliers de pension en Belgique
- Pilier 1 : la pension légale.
- Pilier 2 : la pension constituée par l’intermédiaire de votre employeur ou de votre propre société, comme l’assurance groupe, le fonds de pension, l’EIP pour les dirigeants d’entreprise et la PLCI pour les indépendants.
- Pilier 3 : l’épargne-pension et l’épargne à long terme individuelles assorties d’un avantage fiscal.
- Pilier 4 : l’épargne et les investissements libres, comme les ETF, les comptes d’épargne et l’immobilier.
Ordre recommandé selon votre profil
Travailleur salarié
- Profitez de tout ce que votre employeur propose, comme une assurance groupe ou un fonds de pension. Une contribution patronale est souvent prévue et vous constituez automatiquement un capital. La déduction fiscale accordée à votre employeur dépend des règles internes. Les détails varient selon le plan.
- Épargne-pension, pilier 3 : en 2025, vous choisissez entre un plafond de 1.050 €, avec une réduction d’impôt de 30 %, et un plafond de 1.350 €, avec une réduction de 25 %. La formule à 25 % ne devient plus avantageuse qu’à partir d’un versement de 1.260 €.
- Épargne à long terme, pilier 3 : elle donne droit à une réduction d’impôt de 30 % sur vos primes, jusqu’à un maximum dépendant de vos revenus. En 2025, le plafond atteint 2.530 € pour les personnes disposant de revenus suffisants. La taxation finale s’élève généralement à 10 %.
- Investissements libres, pilier 4 : ils deviennent pertinents lorsque vos enveloppes du troisième pilier sont remplies ou que votre objectif dépasse les plafonds fiscaux.
Indépendant sans société
- PLCI : il s’agit généralement de la formule la plus intéressante sur le plan fiscal. En 2025, vous pouvez verser jusqu’à 8,17 % de votre revenu de référence, avec un plafond de 4.000,44 €. Pour une PLCI sociale, le pourcentage atteint 9,40 %, avec un plafond de 4.602,71 €. Les primes réduisent vos revenus imposables et vos cotisations sociales.
- CPTI, ou Convention de pension pour travailleurs indépendants : elle complète la PLCI et donne droit à une réduction d’impôt. Elle peut être pertinente lorsque votre PLCI est déjà utilisée de manière optimale.
- L’épargne-pension et l’épargne à long terme, qui relèvent du troisième pilier, peuvent compléter votre constitution de pension.
Dirigeant disposant d’une société
- EIP, ou engagement individuel de pension, financé par la société dans le respect de la règle des 80 %. Le total de votre pension légale et complémentaire ne peut pas dépasser, à l’âge de la pension, 80 % de votre dernière rémunération annuelle normale. Le respect de cette limite permet à la société de déduire les primes.
- PLCI à titre privé : cette formule reste fiscalement très avantageuse, y compris en complément d’un EIP.
- Épargne-pension et épargne à long terme, relevant du troisième pilier, si vous souhaitez encore compléter votre pension.
Combien vous faut-il ? Du capital souhaité au versement mensuel
Commencez par calculer votre écart de pension : la différence entre le niveau de vie net que vous souhaitez conserver et le montant attendu de votre pension légale. Déterminez ensuite un capital cible et une durée.
Vous pouvez utiliser la règle indicative suivante pour estimer votre versement mensuel :
Versement mensuel ≈ capital cible ÷ nombre de mois avant la pension ÷ facteur de croissance
Tenez compte du rendement, de l’inflation et des frais. Dans la pratique, commencer tôt est généralement plus important que d’effectuer un calcul parfaitement précis.
Le troisième pilier expliqué : épargne-pension et épargne à long terme
Épargne-pension sous la forme d’une assurance ou d’un fonds
- Réduction d’impôt : 30 % pour des versements allant jusqu’à 1.050 €, ou 25 % pour des versements allant jusqu’à 1.350 €. Aucune condition de revenus ne s’applique. La formule à 25 % ne devient plus avantageuse qu’à partir de 1.260 €.
- Taxation finale : une taxe anticipative de 8 % est généralement prélevée à votre 60e anniversaire lorsque le contrat a été conclu avant l’âge de 55 ans. Vous pouvez ensuite continuer à effectuer des versements fiscalement avantageux jusqu’à 64 ans, sans nouvelle taxe finale sur ces versements ultérieurs.
Épargne à long terme sous la forme d’une assurance
- Réduction d’impôt : 30 % des primes versées, jusqu’à un maximum dépendant des revenus. En 2025, ce plafond atteint 2.530 € pour les personnes disposant de revenus suffisants.
- Taxation finale : généralement 10 % à votre 60e anniversaire, ou après dix ans si vous avez commencé après l’âge de 55 ans.
Conseil : si vous remboursez encore un crédit hypothécaire bénéficiant d’un ancien avantage fiscal lié au logement, celui-ci peut réduire l’espace fiscal disponible pour l’épargne à long terme. Contrôlez les rubriques correspondantes de votre déclaration.
Le deuxième pilier en pratique
Travailleur salarié : assurance groupe ou fonds de pension
Votre employeur verse des primes et vous pouvez parfois également contribuer au plan. Les principaux éléments à contrôler sont le montant des primes, les garanties, les frais et les possibilités de versement, sous la forme d’un capital ou d’une rente. Consultez chaque année votre fiche de pension et vérifiez la garantie de rendement minimum applicable aux cotisations patronales selon votre plan.
Indépendants : PLCI, éventuellement complétée par une CPTI
La PLCI constitue presque toujours la première étape. Elle procure un double avantage en réduisant à la fois votre base imposable et vos cotisations sociales. En 2025, vous pouvez verser jusqu’à 8,17 %, avec un plafond de 4.000,44 €, ou jusqu’à 9,40 % dans une PLCI sociale, avec un plafond de 4.602,71 €.
La CPTI peut être envisagée lorsque votre PLCI a atteint son maximum et que vous souhaitez encore constituer une pension dans le deuxième pilier. Elle donne droit à une réduction d’impôt.
Dirigeant d’entreprise : EIP et PLCI
Les primes d’un EIP constituent des frais professionnels pour la société tant que la règle des 80 % est respectée. Vous pouvez les combiner avec une PLCI privée afin d’améliorer encore l’efficacité fiscale de votre constitution de pension.
Exemples indicatifs
| Profil | Revenu net supplémentaire souhaité par mois à la pension | Durée | Approche |
|---|---|---|---|
| Travailleur salarié 35 ans | 600 € | 30 ans | Utiliser au maximum le plan de l’employeur, remplir l’épargne-pension, utiliser l’épargne à long terme si une marge fiscale est disponible et investir le reste dans des ETF |
| Indépendant sans société 47 ans | 900 € | 18 ans | Verser dans une PLCI jusqu’au plafond, la compléter par une CPTI, puis utiliser l’épargne-pension. Investir le reste dans des ETF |
| Dirigeant d’entreprise 52 ans | 1.200 € | 13 ans | Utiliser un EIP dans les limites de la règle des 80 %, une PLCI, puis l’épargne-pension |
Calculez votre versement exact sur la base de vos revenus personnels et des réserves que vous avez déjà constituées.
Erreurs fréquentes
- Commencer trop tard : les premières années sont particulièrement importantes grâce à la capitalisation des rendements.
- Confondre les enveloppes fiscales : l’épargne-pension et l’épargne à long terme sont deux formules distinctes, avec leurs propres plafonds et leur propre taxe finale.
- Ne pas utiliser de PLCI en tant qu’indépendant : vous renoncez alors à une double économie sur les impôts et les cotisations sociales.
- Ignorer les frais : les frais courants et les frais d’entrée réduisent votre rendement.
- Sous-estimer les modalités de versement : réfléchissez à l’avance au choix entre un capital et une rente, ainsi qu’au régime fiscal applicable au paiement.
Questions fréquentes
Que choisir en premier : l’épargne-pension ou l’épargne à long terme ?
L’épargne-pension est simple et ne dépend pas de vos revenus. L’épargne à long terme dépend de votre revenu et de l’espace fiscal encore disponible. Une personne disposant de revenus suffisants peut combiner les deux en 2025, chacune des formules ayant son propre plafond.
L’épargne-pension reste-t-elle intéressante après 60 ans ?
Oui. Après le prélèvement de la taxe de 8 % à 60 ans, aucune nouvelle taxe finale n’est appliquée aux versements effectués entre 60 et 64 ans, tandis que vous continuez à bénéficier de l’avantage fiscal sur les primes.
Combien puis-je verser dans une PLCI ?
En 2025, vous pouvez verser jusqu’à 8,17 % de votre revenu de référence, avec un maximum de 4.000,44 €. Pour une PLCI sociale, le plafond est fixé à 9,40 %, avec un maximum de 4.602,71 €. Votre comptable ou votre caisse d’assurances sociales peut calculer le montant exact sur la base de vos revenus d’il y a trois ans.
Qu’est-ce que la règle des 80 % applicable à un EIP ?
Le total de votre pension légale et complémentaire ne peut pas dépasser, à l’âge de la pension, 80 % de votre dernière rémunération annuelle normale. Tant que cette limite est respectée, les primes de l’EIP restent déductibles pour la société.
Quelle est la taxe finale applicable à l’épargne à long terme ?
Elle s’élève généralement à 10 % à votre 60e anniversaire, ou après dix ans si vous avez commencé à partir de l’âge de 55 ans.
Ces informations sont générales et ne constituent pas un conseil personnalisé. Les règles et les plafonds peuvent évoluer. Consultez votre fiche de pension et les rubriques de votre déclaration fiscale, et demandez si nécessaire un accompagnement professionnel.

